Les citoyens de Petit-Saguenay auront 3 mois pour rêver…

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Depuis 2017, le conseil municipal de Petit-Saguenay est engagé dans le projet des Ateliers des Savoirs Partagés (ASP), en collaboration avec les communautés de Saint-Camille, de Bellechasse, du CRISES (Centre de recherche sur les innovations sociales) et du TIESS (Territoires innovants en économie sociale et solidaire). Il s’agit d’une démarche qui propulse le village à l’avant-scène d’une réflexion québécoise sur la mobilisation citoyenne et qui, jusqu’à maintenant, lui a apporté des bénéfices importants. La mise en œuvre de l’éco-quartier participatif depuis l’été 2021 en est un bel exemple !

Fin 2021, le comité d’animation des ASP fait son bilan et s’arrête sur la démarche « Rêver le village de Petit-Saguenay en 2020 », réalisée en 2008. Cette démarche de prospective se voulait innovante. Elle souhaitait renouveler les bases de la mobilisation locale, pour définir les axes de développement du village, en se basant sur les facultés imaginatives des gens et en s’appuyant sur une bonne connaissance des problématiques à résoudre, des enjeux à définir et des défis à relever.

Presque 15 ans plus tard, malgré quelques déceptions et un essoufflement certain au cours de la démarche, la vision établie à l’époque ne s’avère pas si loin de la réalité actuelle et a certainement été une source d’inspiration.

Pour lancer la planification stratégique du nouveau conseil municipal, l’idée de « Créer le Petit-Saguenay de nos rêves » pour un horizon 2035-2040 semble une opportunité unique.

Outre faire rêver les citoyens et dessiner une vision commune du village pour les prochaines décennies, l’objectif de cette démarche serait d’alimenter les politiques de participation citoyenne et de développement durable de Petit-Saguenay, présentement en cours de rédaction. Plus largement, cette démarche co-élaborée avec le Grand Dialogue pour la Transition au Saguenay-Lac-Saint-Jean permettrait aussi de donner une voix aux milieux ruraux dans l’élaboration de notre rêve régional. Enfin, elle serait l’occasion d’alimenter la recherche des ASP sur le développement local et les mécanismes de mobilisation et d’animation dans une collectivité rurale.

L’ouverture d’esprit et la culture participative ancrées dans l’ADN de Petit-Saguenay depuis les années 80, nous permettent d’innover.

Le défi aujourd’hui est de mettre en place une stratégie pour entendre la voix de tout le monde, particulièrement celle des personnes absentes des espaces de dialogues habituels. L’idée principale de cette approche est de venir s’arrimer à des activités et événements déjà existants pour rencontrer les citoyens, sans surcharger leur emploi du temps. À l’instar de l’arbre de Noël décoré par de nombreux souhaits des citoyens en décembre dernier, la démarche se veut ludique et festive. Elle souhaite conjuguer bons moments et temps de réflexion.

L’arbre à souhaits de Petit-Saguenay où les citoyens étaient invités à accrocher des idées pour le développement de leur village.

Le projet devrait s’étirer sur 3 mois. Il commence dès le 9 février lors d’une première activité marche et discussion autour du feu avec le club de marche de Petit-Saguenay.

La démarche se dessine en 4 actes. Une première phase de démarrage permettra, au travers d’activités extérieures spontanées, de récolter des premières données mais surtout d’introduire le projet auprès de la population et éveiller leurs âmes de rêveurs. Ensuite, le cœur de la démarche se déroulera en mars et avril, avec une multitude d’interventions auprès des différents groupes et clubs du village. Dans une troisième phase, nous organiserons une ou deux journées d’ateliers de consultation plus traditionnelles. Enfin, une synthèse participative et festive viendra clôturer le tout, durant laquelle les citoyens pourront eux-mêmes catégoriser, trier, synthétiser et analyser les données récoltées tout au long de la démarche.

Pour guider les échanges et discussions, les questions posées tourneront autour des 21 thèmes de la transition socio-écologique proposés par le Grand Dialogue : territoire, mobilité, alimentation boréale, santé collective, accueil, vivre-ensemble, lien au monde, nature, arts et culture, travail, consommation, économie, pouvoir d’agir, débats, jeunes, ainé.e.s, apprentissages, loisirs, éthique, résilience et logements. Selon les conditions de la certification éthique reçue, les données recueillies durant la démarche seront anonymes.

Alors, si vous percevez une gang équipée de micros à Petit-Saguenay dans les trois prochains mois, préparez-vous à vous projeter dans le temps et à rêver à un futur désirable. La transition socio-écologique s’amorce depuis quelques années à Petit-Saguenay, mais aussi dans tout le Bas-Saguenay avec de belles initiatives. Il faut continuer à partager nos projets et idées pour permettre ce virage régional. En effet, pour faire écho au dernier numéro du Trait d’Union : la transition ne se fera pas sans transmission !

Le Grand dialogue régional pour la transition socio-écologique au Saguenay–Lac-Saint-Jean

Le Grand dialogue régional pour la transition est une initiative citoyenne de transformation sociale. L’objectif de la démarche est de mobiliser toutes les personnes intéressées à co-construire une feuille de route pour la transition socio-écologique au Saguenay–Lac-Saint-Jean, du Nord du Lac jusqu’à Petit-Saguenay ! Pour y arriver, nous créons des espaces de discussion et de réflexion autour de la vision de notre territoire pour identifier nos défis, nos forces et nos aspirations. Chaque résident de notre région est le bienvenu. Il s’agit d’une proposition audacieuse, risquée et nécessaire pour faire face, collectivement, aux nombreux enjeux globaux et régionaux du 21e siècle. Cette initiative se fait en collaboration avec l’équipe de recherche en éco-conseil de l’UQAC, sous la supervision du professeur-chercheur monsieur Olivier Riffon.