Fières d’être pompières !

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Lysanne Boily, Élisabeth Simard, Valérie Jean, Mireille Lavoie et Stéphanie Alain. Crédits photos : Manon Landry.

Ce matin, je retrouve à la caserne de L’Anse-Saint-Jean, trois des cinq femmes faisant partie de l’équipe des pompiers volontaires de la Régie Intermunicipale de Sécurité Incendie du Fjord (RISIF).

Stéphanie Alain, adjointe administrative pour la RISIF et pompière en formation depuis novembre 2020, réside à Saint-Félix-d’Otis. « En travaillant comme adjointe administrative pour la RISIF, je voyais passer les appels. C’était motivant mais je me demandais, avec mes 3 enfants, les horaires à gérer, si cela allait être possible. C’est quand ils ont parti la dernière cohorte que je me suis enfin décidée! J’avais envie de me dépasser, de faire quelque chose de différent, pas juste être maman ! »

Lysanne Boily, de son côté, et sans le savoir vraiment, a toujours voulu être pompière.  « Enfant, je me voyais policière, l’appel de l’adrénaline, le dépassement de soi et aussi l’envie de venir en aide à la communauté. Un soir, je croise les pompiers en entrainement et j’y vois Mireille. J’ai comme allumé ! Cela faisait des mois que je disais à mon chum : tu devrais t’impliquer comme pompier volontaire, mais finalement c’est moi qui voulais être pompière ! »

Les photos de Manon Landry ont été prises pendant une intervention du RISIF.

Quant à Mireille Lavoie, inspectrice municipale à Petit-Saguenay, elle a commencé sa formation il y a 7 ans, entrecoupée par deux grossesses. Actuellement, c’est la seule des femmes au RISIF à l’avoir complétée.  « Pourquoi pompière ? L’adrénaline sans aucun doute !  Quand tu reçois un appel, le cœur te débat, t’es vraiment énervée. Il y a aussi la mission d’aider les gens, c’est extrêmement valorisant! Et puis, comme Stef l’a dit, on n’est pas juste des mères de famille ! Quand tu es maman, on dirait que c’est acquis aux yeux du monde. En tant que pompière, on est capable de se surpasser, de se montrer à nous-même qu’on peut le faire! »

Au RISIF, les femmes représentent près de 10% de l’équipe de pompiers volontaires. Et la Régie en est très fière. Preuve en est la dernière campagne de recrutement qui a d’ailleurs permis de récolter de nombreux CV, avec autant d’hommes que de femmes.

Lysanne qui a deux enfants, rayonne quand elle parle de sa fille Jeanne, bientôt 5 ans et si fière de voir sa maman répondre à un appel. « Quand on part c’est tellement rapide, il y a une immense fierté d’avoir osé le faire, malgré les enfants qui sont petits, malgré le travail, c’est de passer au-dessus des limites que l’on se met soi-même. » Stéphanie complète : « Le truc, c’est de cliquer qu’on peut le faire ! C’est pas tant que le métier est pas bien vu chez les femmes que de se dire : mais je peux le faire. Je pense que la campagne va aider à amener de nouvelles pompières dans l’équipe. »

Toutes les trois s’entendent pour dire qu’à la RISIF, c’est vraiment une belle gang. « On ne sent pas de différence, on est encore en formation, Lysanne et moi, et quand on arrive sur un appel, on est prises en charge par un pompier, mais jamais je n’ai senti un ton condescendant. Ça se passerait de la même façon pour un homme. Et puis surtout, si je ne suis pas capable de faire quelque chose, je vais demander, ça ne me gêne vraiment pas », précise Stéphanie.

« Dans l’équipe, om est tous différents, avec des âges et des forces physiques différents mais il faut savoir qu’un pompier n’est jamais tout seul, on est une équipe, la lance ou l’échelle, on est toujours plusieurs à la porter, conclut Lysanne. »

Le pompier volontaire est disponible, mais pas bénévole. Tout est payé, même bien payé, les formations, le kilométrage autant que les appels sur le terrain !  Le côté volontaire, c’est au niveau du calendrier des disponibilités que l’on doit remplir chaque semaine.

En conclusion, les 3 pompières si fières de leur implication à la sécurité incendie du Bas-Saguenay, s’accordent pour dire que la présence des femmes influence positivement l’ambiance et l’harmonie dans le groupe de volontaires. « C’est plus facile pour nous d’aller voir les gens sur un accident, d’aller rassurer les victimes, de les calmer. On a comme une empathie naturelle alors que certains hommes se coupent encore de leurs émotions, sont plus mal à l’aise. Finalement on se complète parfaitement ! »

Étaient absentes lors de l’entrevue, Élisabeth Simard de Petit-Saguenay et Valérie Jean de Saint-Félix-d’Otis.