Journal d’un sacré voyage !

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Dans le cadre du concours jeunes auteurs à vos crayons 2022, Louann Birot a gagné la médaille d’argent pour le 2ème cycle du secondaire. Le concours s’adressait à tous les jeunes de la 3ème année primaire à la 5ème année secondaire à travers le Québec. Le thème du concours était Journal intime et les jeunes devaient écrire un texte de 1500 mots maximum en plus de respecter certaines règles.

 

 7 août 2017 Montréal

J’embarque dans l’avion vers l’Islande pour ce qui s’apprête à être le plus beau voyage de toute ma vie, LE PREMIER. D’ailleurs, quand j’ai annoncé à mes parents ma décision de partir en voyage, ma mère, qui est très protectrice, s’est tout de suite écriée qu’elle ne pouvait pas laisser sa petite Victoire partir toute seule aussi loin d’elle. (Voyons maman j’ai pu deux ans là.) Mon père a essayé de la rassurer en lui disant que lui-même, à vingt ans, il avait fait presque le tour du monde. (Merci papa pour ton soutien). Il m’a fallu donc plusieurs jours et beaucoup d’efforts pour que finalement ma mère accepte de me laisser partir.

Que dans dix, vingt, trente ans je puisse me rappeler de toutes ces merveilles.

J’AI TELLEMENT HÂTE!!

8 août 2017

Reykjavik

Julien, l’ami de mon père qui m’a accueilli hier soir, est un homme quelque peu excentrique. Chaque pièce de sa maison est d’une couleur différente et renferme une grande variété de plantes exotiques. Après m’avoir fait visiter sa belle baraque, il est allé me montrer le Westfalia qui sera ma maison durant la semaine à venir. Sa mini van est juste TROP BELLE, elle correspond parfaitement au reste de la maison. Elle est tout orange (ma couleur préférée) et l’intérieur est vraiment confo-pratique, le lit est rempli de coussins et de couvertes, il y a aussi un petit four, un petit frigo et des rangements. Après, Julien m’a conseillé des activités à faire en ville. Il travaillait toute la journée donc ne pourrait pas m’accompagner pour me montrer les plus beaux « spots » de Reykjavik, mais il m’a fait beaucoup de propositions de sorties.

Waww, c’est la première chose que j’ai dit en arrivant dans le centre de Reykjavik. Ici, toutes les maisons sont « full » mignonnes et colorées. J’ai même vu des maisons toutes peintes de belles œuvres. Les rues portent toutes un nom faisant référence à la religion nordique, on trouve ainsi la rue d’Odin, de Thor, de Freya et l’allée de Loki. J’ai donc déambulé dans les rues tout l’après-midi en m’arrêtant ici et là dans un café et lorsque je suis rentrée me coucher je me suis endormie en posant la tête sur l’oreiller.

9 août 2017

Vík

 

Les photos de paysage d’Islande ont été prises par Ismaëlle Delmarco.

Ce matin, après avoir pris un petit déjeuner, j’ai dit au revoir à Julien, j’ai pris les clefs du Westfalia et je suis partie. L’aventure commençait. Après deux heures de route, je suis arrivée à ma première escale, la chute de Seljalandsfoss. Cette cascade de 65 mètres est magnifique, on peut passer facilement en dessous sans se mouiller. C’était tellement féerique, j’ai pris genre 200 photos de l’endroit (j’exagère à peine). Après être restée une bonne heure à rêvasser en mangeant des chips (bien évidemment) je me suis mise en route vers ma prochaine destination, le site de Skogafoss. Cet endroit est, avec raison, l’un des endroits les plus visités d´Islande. Une grande chute se jette dans la falaise et, près de cette paroi rocheuse, se trouve un petit sentier que j’ai entrepris de monter avec espoir d’aventure. Près d’une heure de marche plus tard, j’ai aperçu une magnifique vallée entre deux immenses montagnes. J’ai continué de descendre le long du chemin pour arriver à une grande rivière où des vapeurs chaudes s’élevaient haut dans les airs. J’ai trempé mes orteils dans l’eau pour tester la température et elle s’avérait brûlante, je me suis rapidement mise en maillot (et oui j’en avais un dans mon pack-sac !) et me suis jetée à l’eau. J’avais l’impression d’être une patate en train de bouillir, mais à part ça, tout était parfait.

Après m’être détendue, je suis revenue sur mes pas pour retourner vers mon Westfalia. J’ai roulé une bonne demi-heure avant d’arriver à Vìk, un village côtier. J’ai soupé dans un resto et là, je vais me coucher car je suis vraiment épuisée de ma journée.

10 août 2017

Quelque part entre Vik et Höfn

Ce matin, je suis allée me laver dans l’océan. L’eau était tellement froide, je ne me suis pas baignée longtemps. Après, je suis allée prendre un petit déjeuner traditionnel dans un café au coin de la rue. Ici, comme premier repas, les Islandais mangent souvent du jambon avec du fromage, de la confiture et du pain noir. C’est tellement bon ! Je pourrais manger ça tous les jours. Quand je suis ressortie, il pleuvait. Je n’étais pas une surprise, dans toute l’Islande, c’est dans la région de Vik qu’il pleut le plus et, par chance, j’avais amené mon imperméable. Je suis retournée dans ma mini van et je suis repartie.

J’ai roulé durant près d’une heure avant d’arriver à ma destination, le canyon de Fjadrargljufur (nom tout à fait imprononçable). Ce canyon a une hauteur de 100 mètres et une longueur de 1.3 km, il a été créé il y a environ 9 000 ans après le retrait des glaciers qui recouvraient l’Islande. Là-bas, j’ai rencontré un couple de jeunes journalistes, Tom et Marion, qui faisait un reportage sur les conséquences du tourisme sur le canyon. Il parait qu’en 2015, le chanteur Justin Bieber serait venu tourner un clip au canyon et que, depuis, le nombre de touristes augmente de 50% chaque année, ce qui menace la fragile végétation du site. J’ai été très attristée par le sort du canyon mais ça ne m’a pas pour autant empêchée d’aller le visiter en faisant bien attention de rester sur les sentiers (je n’allais tout de même pas rater une occasion pareille.) Le site est vraiment très beau et j’ai compris pourquoi Tom et Marion tenaient tant à le protéger. Les parois du canyon, recouvertes de mousse, semblent avoir été façonnées par la main de l’homme et une rivière coule au fond des gorges. J’étais heureuse et sereine de me retrouver dans un endroit aussi magnifique, je me trouvais chanceuse.

Après quelques heures d’exploration, j’ai décidé de me remettre en route. J’ai salué mes nouveaux amis et je leur ai donné mes coordonnées. La nuit commençait à tomber j’ai donc roulé une dizaine de minutes avant de tourner sur un petit chemin de terre et de m’arrêter. Là je viens de me faire une petite soupe car dehors, il fait un peu frais et je vais aller me coucher.

11 août 2017

Höfn

Ce matin, quand je me suis levée vers 7:30 et que je suis descendue du Westfalia je me suis rendu compte que j’étais arrivée dans un champ de lave recouvert par la mousse! Hier soir quand je me suis stationnée, à cause de la pénombre, j’ai cru que c’était de petites collines ou des monticules de terre. J’ai fait une petite recherche internet et j’ai appris que je me trouvais à Eldhraun. Le 8 juin 1743, le volcan Laki est entré en irruption, jusqu’au 7 février de l’année suivante. Cette coulée de lave a enseveli 565 km2 dont le village de Kirkjubæjarklaustur. Depuis, plusieurs couches de mousse se sont formées sur le magma refroidi. De loin, le paysage a l’air monotone il faut donc s’approcher pour voir la beauté de l’endroit. J’ai pris mon premier repas sur ce tapis mousseux et je suis partie pour mon dernier arrêt, la ville de Höfn.

J’ai roulé je ne sais plus combien de temps avant d’arriver à Höfn. Je sais juste que j’étais presque à sec, question gaz et nourriture. Rendue en ville, la première chose que j’ai faite a été de remplir le Westfalia d’essence, après je suis allée faire le plein à l’épicerie (ben oui c’est tout aussi important). Même s’il ne me restait presque plus d’argent j’ai trouvé un petit resto de pêcheurs où aller manger la spécialité de la place, la langoustine. (C’est bon mais je préfère les crevettes.) Höfn est l’endroit parfait si on veut voir des phoques et j’en ai aperçu! C’est tellement beau, j’ai attendu tout l’après-midi sur le quai pour voir ces mystérieux animaux.

Ce soir je dors ici et demain, je repars pour Reykjavik. Je suis déçue de ne pas avoir visité de glaciers ou de geysers mais mon périple s’arrête ici. Dans deux jours, à la même heure je serai chez moi, au Québec. J’arrête ce journal ici car je n’ai plus de place mais je me promets de refaire un autre voyage aussi fantastique que celui-ci et de tout noter dans un autre cahier.

 

Parcours jusqu’à Höfo