La protection de la rivière à saumon de Petit-Saguenay : l’affaire de tout un village!

607
Crédits photos : Laurent Silvani

Difficile de ne pas penser à l’Association de la Rivière lorsqu’on pense à la thématique de l’eau à Petit-Saguenay. La pêche au saumon a une place centrale dans l’histoire du développement de ce village qui a choisi les berges de cette rivière pour s’établir. L’Association de la Rivière doit aujourd’hui jongler avec un enjeu majeur, celui de la protection du milieu faunique qui constitue l’habitat du saumon. Cette ressource prisée est en péril, et bien qu’on ait quelques idées des causes probables, -déforestations, glissements de terrains, réchauffements climatiques-, il importe de se pencher sérieusement sur la question pour minimiser la dégradation de cet écosystème naturel d’exception.

« On prévoit engager des biologistes pour étudier la rivière et comprendre comment améliorer les habitats fauniques, quelles mesures on doit adopter pour favoriser les montaisons de truites et de saumon sur un horizon de 10 ans » rapporte Bastien Gaudreault, directeur général de l’Association. Les efforts de conservation qui ont été faits dans le passé ne suffisent plus : l’Association a la responsabilité d’aller en amont pour trouver les causes de la dégradation de l’habitat du saumon. La dernière étude ayant été réalisée avant le déluge de 1966, l’Association doit documenter les problématiques que connaît la rivière pour être en mesure d’aller chercher le financement nécessaire aux interventions pour la restauration de ce milieu naturel fragile.

Les solutions pourraient être, par exemple, de l’ordre du reboisement des bandes riveraines, et viseraient à limiter la sédimentation, soit le phénomène de dépôt des particules dans le lit de la rivière qui ensevelit le gravier permettant l’ensemencement du poisson. On soupçonne également que la rivière subit de plein fouet les effets des changements climatiques. En effet, les sécheresses plus extrêmes ont une influence sur le niveau et la température de la rivière : l’an passé, le bas débit de la rivière atteignait un triste record, ce qui a un impact direct sur les populations de poissons. 

Les nouveautés pour cette saison estivale

Jusqu’à nouvel ordre, le conseil d’administration a donc pris la décision, avec l’autorisation du ministère des Forêts, de la Faune et les Parcs (MFFP), de mettre en place une nouvelle réglementation de remise à l’eau obligatoire dans le cadre de son plan de gestion de la ressource saumon. Elle deviendrait ainsi l’une des seules rivières exploitées dans la province avec un niveau de protection aussi élevé. « C’est essentiel de comprendre ce qui se passe, et travailler en collaboration avec les usagers, les citoyens, les agriculteurs et les entreprises pour sensibiliser la population à la protection des berges. Renouveler la ressource saumon, ça se travaille ensemble et sur le long terme » souligne Bastien Gaudreault. Rejoint sur le terrain, celui-ci s’affaire à préparer le site récréotouristique à l’arrivée des usagers réguliers et des visiteurs.

Lorsque interrogé sur les potentielles conséquences d’une telle mesure sur l’achalandage, Bastien Gaudreault se montre plutôt confiant : d’après lui, celle-ci ne devrait pas avoir d’impact majeur puisque les pêcheurs ont à cœur la conservation de la ressource et plusieurs prêchent par la remise à l’eau systématique. Il espère même influencer les autres rivières à saumon à développer une clientèle de remise à l’eau de la pêche sportive.

Il ajoute que l’OBNL peut d’autant plus se le permettre puisqu’elle travaille activement à diversifier ses sources de revenus, notamment avec la gestion de son offre d’hébergement et d’activités de plein air, ce qui minimise les impacts financiers potentiels d’une telle réglementation. Son équipe travaille à la fois sur la réfection d’un tronçon du sentier pédestre et l’achat d’une toute nouvelle flotte de canots pour l’activité de descente des eaux-mortes de la rivière, bien en amont des fosses à saumon. Elle courtise ainsi une clientèle plus familiale, friande d’activités en nature et de contenus d’interprétation patrimoniale et environnementale. De quoi garder Bastien Gaudreault, son équipe et clientèle, occupés pour les prochains mois dans ce lieu enchanteur! Pour plus d’information sur les activités, visitez www.petitsaguenay.com/