Laure Martel : portrait d’une femme qui a marqué l’histoire de Petit-Saguenay

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Laure Martel est née à L’Anse-Saint-Jean en 1860, d’une famille pionnière qui y était établie depuis quelques années.

En préparation des commémorations du 100e anniversaire de la municipalité de Petit-Saguenay en 2019, le comité organisateur eut l’idée de demander à la microbrasserie la Chasse-Pinte de brasser une bière spéciale pour rendre hommage à un personnage marquant de l’histoire de Petit-Saguenay. La microbrasserie ayant accepté la demande, ne restait plus qu’à choisir la personne qui serait ainsi honorée.

Le comité en vint rapidement à la conclusion qu’il serait opportun d’honorer une femme, puisque ce sont généralement les hommes qui tiennent le haut du pavé dans les livres d’histoire.

C’est ainsi qu’est née « Mme Laure », une pilsner d’inspiration tchèque. Mais qui est cette fameuse madame Laure ?

Laure Martel est née à L’Anse-Saint-Jean en 1860, d’une famille pionnière qui y était établie depuis quelques années. Elle déménage ensuite à Petit-Saguenay, suite à son mariage avec Charles Lavoie, de qui elle aura 5 enfants. À la suite du décès de son mari en 1919, elle se remarie 2 ans plus tard à Wilfrid Houde, qui décède en 1937. Elle demeure veuve jusqu’à sa mort, le 27 mars 1954.

Madame Laure, que plusieurs à Petit-Saguenay appelaient « matante Laure », était reconnue dans toute la région pour ses talents de sage-femme. C’est elle qu’on allait chercher quand une femme accouchait à Petit-Saguenay et la plupart des personnes âgées du village sont passées entre ses mains. Ce métier, elle l’avait appris auprès de sa mère, Obéline Tremblay, qui était également sage-femme et guérisseuse à L’Anse-Saint-Jean.

Madame Laure était aussi guérisseuse comme sa mère. Selon sa petite-fille, Clara Lavoie, on allait la voir pour réparer des membres disloqués. Elle avait même montré à son propre fils comment ramancher. Pour ce faire, elle avait démanché les articulations d’un chat pour lui montrer comment les remettre en place.

Madame Laure avait la réputation d’être sévère et très religieuse et les quelques photographies qu’on a d’elle ne le démentent pas. Mais elle avait nécessairement aussi beaucoup de cran pour exercer son métier, sans formation professionnelle, alors que ses interventions pouvaient parfois déterminer si une personne allait vivre ou mourir.

Clara Lavoie, se rappelle : « Mon grand-père s’était fracturé le genou en plein hiver. C’était une plaie ouverte. Il n’était pas question de partir comme ça pour Chicoutimi. Ma grand-mère l’a soigné. Quand il était finalement allé à l’hôpital, le genou avait repris à la mauvaise place et il était trop tard pour le replacer. Mais on était vraiment surpris que ma grand-mère ait pu soigner la plaie et prévenir l’infection. Elle lui a probablement sauvé la vie. »