La MRC-du-Fjord-du-Saguenay lance sa nouvelle stratégie touristique.

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Le quai de l'Anse-Saint-Jean. Crédits photos : Cécile Hauchecorne.

Rencontre avec Sven Kaminski, coordonnateur au développement touristique à la MRC.

La MRC du Fjord-du-Saguenay lançait en novembre dernier la nouvelle stratégie de l’industrie touristique. À la base de ce plan, un colossal exercice de consultation auprès de 90 personnes (élus, intervenants, partenaires touristiques) afin de cibler avec le milieu quelle serait la meilleure politique à mettre en place. En est ressorti la vision qu’en 2032, le territoire devienne la destination 4 saisons d’aventure et d’écotourisme internationale par excellence au Québec.

« Ici on a un fjord accessible et habité, l’un des plus longs au monde, entouré par deux Parcs nationaux porteurs de valeurs d’excellence, et enfin le Créneau d’excellence en tourisme d’aventure et écotourisme qui supporte des entreprises vers de meilleures pratiques, qu’elles soient environnementales, humaines et diversifiées. Il y a déjà plusieurs éléments qui sont en place et qui permettent d’être reconnus à l’international ! s’exclame tout de go Sven Kaminski, tout en précisant qu’au niveau touristique le terme Bas-Saguenay est peu approprié. C’est un terme administratif, même les gens du Lac ont du mal à le situer sur une carte ! »

Le développement 4 saisons : une priorité !

Le développement du tourisme hivernal devient alors une priorité pour la région qui connait encore actuellement une saison estivale beaucoup plus forte. « En plus, si l’on prend l’angle du bien-être des communautés versus le développement touristique, le 4 saisons permet de pérenniser des emplois tout en diversifiant l’offre, qui va de plus en plus dépendre de conditions climatiques en grand changement. Ainsi le centre de ski du Mont-Édouard aura tout intérêt à développer des circuits de vélo de montagne, et diversifier ces activités sur le 4 saisons, si comme cela se produit actuellement en Europe, la neige vient à manquer », poursuit le coordonnateur au développement touristique.

Il faut savoir également qu’en période de manque de main d’œuvre, il est plus difficile d’aller chercher des travailleurs étrangers, comme de plus en plus d’entreprises le font actuellement, avec des emplois saisonniers. Cela deviendra par contre beaucoup plus aisé avec un emploi 4 saisons.

Sven Kaminski précise : « Dans les 2 dernières années, la MRC a versé 3,4 millions dans le développement de divers projets récréotouristiques se déroulant sur l’ensemble de son territoire. Ainsi, la Rivière Petit-Saguenay a pu acquérir de nouveaux canots pour son secteur des eaux mortes, le développement de la haute route au Mont-Édouard s’est agrandi, ainsi que celui de Petit-Saguenay, un nouveau bateau permet à Saguenay Aventures d’amener 48 personnes en croisière aux baleines, le Site de la Nouvelle France à Saint-Félix s’est doté de nouvelles infrastructures, entre autres. La MRC se charge d’aller chercher des fonds auprès des ministères concernés et les redistribue ensuite dans la communauté. On veut continuer cela, mais en y allant beaucoup plus en complémentarité avec la nouvelle stratégie de l’industrie touristique. »

1 350 000 millions pour soutenir la destination d’activités hivernales !

La Baie Éternité, majestueuse été comme hiver.

La MRC va chercher des fonds supplémentaires, comme ici au ministère des Affaires Municipales et de l’Habitation (MAMH), aux différentes instances concernées ou auprès d’entreprises comme Hydro Québec qui ont des fonds spécifiques au développement régional.

Cependant cette aide n’est pas uniquement financière. Il y a du support technique, de référence, où aller chercher des aides financières, et actuellement, Sven Kaminski se voit comme un outil, un facilitateur auprès des entreprises qui voudraient obtenir un soutien dans un de leur projet, toujours en lien avec la stratégie touristique et en complémentarité avec le service de développement économique de la MRC.

« Le 1,3 million est uniquement destiné aux activités hivernales. Ce sont des sommes pour lesquelles on devait identifier une thématique spécifique, on a décidé de miser sur le développement de la destination hivernale, car on savait que cet axe serait exploitable par les 13 municipalités de la MRC. »

Le tourisme régénérateur et ses retombées positives sur le milieu !

Sven Kaminski explique : « Les activités de plein air, c’est un merveilleux moyen d’allier saines habitudes de vie et tourisme. Le ski haute route à Petit-Saguenay ou le réseau de randonnées pédestres qui est en train de s’y développer, c’est un très bel exemple d’amélioration de la qualité de vie des locaux, de leur saines habitudes de vie. Les infrastructures mises en place pour attirer le tourisme peuvent également améliorer la qualité de vie des gens de l’endroit ! »

L’idée c’est de réussir à travailler en harmonie, minimiser les impacts, car aucun développement ne peut se faire sans impact. Le Parc des Monts-Valin est en train de faire une étude qui évalue l’impact des randonneurs sur la faune et la flore dans les sentiers de randonnées. Si on ne permet plus aux gens d’y aller, on ne fait plus de développement du tout, par contre on peut créer des passerelles pour que les randonneurs aient moins d’impact.

Avant de quitter cette enthousiaste conversation, je ne peux m’empêcher de demander : La venue des bateaux de croisière dans le fjord va-t-elle de pair avec ce souci d’excellence dont on parle depuis tantôt ?

« Un grand nombre d’entreprises touristiques profite de la venue des bateaux de croisière. Même si l’on soupçonne les impacts que cela peut avoir sur les eaux du fjord, on ne peut mettre la région sous cloche ! Un équilibre est à préserver entre les usages et les usagers. Garder un équilibre dans cette dualité : en faisant découvrir les joyaux de notre région, on a nécessairement un impact, mais si personne ne les connait, ne s’émerveille à leur contact, qui aura envie de les protéger ? » se demande Sven Kaminski.