L’eau, partie intégrante de l’ADN du Québec

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Crédit photo : Cécile Hauchecorne

« Où est l’eau? Comme le Dieu du petit catéchisme gris de notre enfance, l’eau est partout même dans les déserts, sous forme d’oasis, dans nos yeux sous forme de larmes, sur nos corps, sous forme de sueur. » Hélène Pednault.

 Le Québec est un pays d’eau

Le Québec s’est construit le long des grands cours d’eau. Il possède 3% de l’eau douce renouvelable de la planète avec ses 500000 lacs et 4500 rivières. Si on inclut les petits étangs et mares, on arrive à 3.6 millions de plans d’eau douce qui représentent 12% de la superficie du territoire.

Dans ce paysage, il y a le grand Saint-Laurent, celui qui nous a mis au monde et que les Algonquins appelaient Magtogoek, le chemin qui marche. Cet estuaire et ce fleuve, qu’on nomme « majestueux », ont tracé la géométrie des premiers paysages seigneuriaux et marqué jusqu’à notre langage qui fourmille de termes marins.

L’eau est notre cœur et nos artères.

L’eau est notre histoire

Jadis, les cours d’eau étaient les seules routes, le seul lien entre nous. Ils ont permis d’explorer le pays et le continent. Le Québec s’est bâti autour des cours d’eau comme les villages se sont construits autour des églises. Encore aujourd’hui, en longeant le Saint-Laurent, c’est l’histoire des gens du pays que l’on découvre. L’eau n’est pas un bien de consommation à vendre, elle est un patrimoine commun.

Nous en sommes tous et toutes propriétaires, à parts égales.

L’eau est une source précieuse d’énergie renouvelable

Dans les années 60, le Québec moderne a été fondé sur la nationalisation de l’électricité. À l’heure où les demandes en énergie augmentent et où l’environnement occupe une place de plus en plus importante dans nos préoccupations, cette électricité, qui provient presque uniquement de l’eau et du vent, représente une source d’énergie renouvelable.

L’eau, c’est la vie

Les cours d’eau sont les vaisseaux sanguins de notre mère la Terre. S’ils ne sont pas en bonne santé, rien n’est en bonne santé. Pour Hélène Pednault, « l’eau, c’est d’abord et avant tout le sang qui coule dans nos veines. Vouloir toucher à l’eau, au Québec, c’est comme vouloir toucher à la langue française, comme si l’eau était notre langue maternelle. Comme la langue, l’eau est beaucoup plus qu’un simple outil pour les Québécois et les Québécoises: c’est un symbole fondamental, qui fait partie non seulement de notre patrimoine mais de notre inconscient collectif. L’eau nourrit les corps, les imaginaires, la littérature, le cinéma, les chansons. Enlever l’eau de l’œuvre de Gilles Vigneault et demandons-nous ce qu’il va rester ».

L’eau fait partie de notre paysage intérieur, de notre identité. L’eau, c’est une partie intégrante de l’ADN du Québec.

Être à nouveau des porteurs et des porteuses d’eau

Les Québécois ont été traités avec mépris de porteurs d’eau pendant des siècles. Le temps ne serait-il pas venu de songer par nous-mêmes à revendiquer ce titre de porteurs et de porteuses d’eau? Ce qui a été une insulte pourrait devenir notre identité fondamentale, notre mission, celle d’être les protecteurs et les protectrices et non les gaspilleurs de l’eau.