Visite au pays des bleuets !

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Vanessa Alvarez et Martin Bergeron, résidents de Rivière-Éternité et propriétaires de la Savonnerie Au pays des bleuets.

« Voici les quatre-temps, les petits fruits rouges se mangent et avec les feuilles, on fait des tisanes. L’aulne crispé, qu’on appelle aussi le poivre des dunes, ce sont ses petits chatons qu’on utilise comme épice pour la cuisine. Juste à côté poussent de petits groseilliers, des noisetiers, de l’amélanchier, de la prêle, des pommiers déjà en fleurs, etc. » Impossible de nommer toute la flore qui parsème et colore le territoire que Vanessa Alvarez me fait visiter en ce beau matin de mai.

Vanessa Alvarez et Martin Bergeron ont créé il y a près de dix ans leur entreprise de produits cosmétiques Savonnerie Au pays des bleuets. Les rencontrer, c’est un peu comme explorer le nombre incalculable de possibilités qui existent pour pouvoir vivre en autonomie alimentaire au Bas-Saguenay… la nature est si généreuse !

Ici les arbres fruitiers sont plantés, mais pas protégés, car il faut que leurs racines soient fortes. L’arbre subit une taille vigoureuse à l’automne et comme toutes les plantes du domaine, il sera encouragé par les bons soins de Vanessa et Martin. Compost de cheval, désherbage, etc. Martin précise : « À cause du climat qui sévit ici, on a besoin d’aider les plants, la saison estivale est trop courte, mais moins tu aides un plant et mieux c’est pour les racines, parce qu’elles vont devoir aller chercher de la nourriture et se renforcir ainsi ! »

D’après lui, on protège trop les plantations. De son côté, il préfère observer et utiliser les plantes qui s’adaptent le mieux à l’environnement, au lieu de se battre contre les éléments de nos contrées nordiques.

Vive les têtes de violon

On arrive ensuite à une plantation de fougères qui longe une famille de consoude. L’une sera mise en pot pour agrémenter les repas d’excellentes vitamines, les racines de l’autre serviront à la confection de savon et de crème.

Passons au vignoble qui permet aux heureux propriétaires de ce territoire de 110 acres de fabriquer leur propre vin. Le long d’une barrière de bois, un kiwi pousse et produit de tout petits fruits. Un peu plus loin, du côté de la ruche, les abeilles ont déménagé, il faudra donc aller en chercher de nouvelles pour faciliter la pollinisation.

« Les plantes que l’on a ici sont pour les zones 2B, 3A, 3B, et c’est correct, surtout avec les changements climatiques ! » confie Vanessa. En l’écoutant attentivement, je découvre mon premier olivier argenté, qui donne de petites olives jaunes.

« Les premières années, on a déraciné des aulnes pendant des semaines et des semaines. Là tu vois tout cela bien beau, mais il y a ici beaucoup de préparations au niveau du terrain, d’essais-erreurs… on va mettre cet arbre où, est-ce qu’il va aimer ici ? Au début, on perdait beaucoup de nos investissements ! On a déplacé certaines plantations comme celle de l’échinacée plusieurs fois avant de trouver le bon emplacement ! » se souvient Vanessa.

De nombreuses jeunes pousses de molène, avec leurs feuilles douces et velues, parsèment le territoire que l’on continue d’arpenter. « On connait les avantages des feuilles de la molène pour tout ce qui est en lien avec les poumons. Elles remplacent le «mauvais» mucus par un mucilage cicatrisant qui recouvre et apaise la paroi intestinale et fournit une lubrification qui permet un mouvement intestinal plus facile et plus fluide (digestion), les fleurs sont meilleures pour les nerfs. »

Faire partie de l’écosystème

Hier, un grand corbeau a attrapé un petit canard ! La philosophie des propriétaires, si jamais ils ne peuvent pas se défendre tout seuls, ils vont certainement être transformés. « Le monde protège tout mais ça prend trop de temps ! Moi je n’en ai pas, trop d’arbres, de plantes, d’animaux », précise Martin en m’emmenant vers le l’enclos abritant 25 poules, des petits canards, il en reste six, et des lapins.

Pour finir la visite, je descends dans une serre géothermique isolée avec un mur de ciment qui fonctionne à l’année, il a fallu la chauffer juste quelques nuits cet hiver, où je découvre mes premières tomates vertes de l’année !

Si cela vous dit d’aller faire une virée Au pays des bleuets à la sortie de Rivière-Éternité, direction Saint-Félix, il est toujours possible d’aller visiter le domaine. Il parait que chaque visite est différente et que l’on découvre toujours quelque chose de nouveau !

Je ne sais pas pourquoi, mais cela ne m’étonne même pas !